N° ACR0000112 - Faculté de Droit et de Sciences économiques ; École nationale des impôts

 
Adresse : 41 boulevard Mitterrand
  63000 Clermont-Ferrand
Coordonnées GPS : 45.771236, 3.089276
Coordonnées GPS : 45.771236, 3.089276
Dates Construction : 1961 ; 1966
Date de classement : 2015
Auteur : Baudoin Eugène (architecte) ; Lanquette Paul (architecte)
Patrimoine du 20e siècle

Précision Interet :

Le bâtiment de la faculté de Droit et de l’École nationale des impôts possède d’éminentes qualités architecturales et urbaines. Pour cette partie de la ville, il constitue un élément fort et qualifiant. Il possède une grande monumentalité, digne d’un équipement majeur d’une métropole régionale. Cette caractéristique ne nuit pas à son écriture architecturale, subtile jusque dans les moindres détails. Il se distingue aussi par l’osmose des fonctions abritées et des volumes architecturaux savamment composés, ainsi que par l’accord entre les matériaux employés. Dès le début de sa carrière, Eugène Beaudouin avait su synthétiser les apports de l’enseignement traditionnel et des courants de l’Avant-garde moderniste. Par sa composition et son expression à la fois classique et contemporaine, l’édifice clermontois procède de cette démarche. Il témoigne aussi des recherches menées par Beaudouin sur la préfabrication en métal. Les panneaux de façades sont certes des modules normalisés produits en série, mais leur combinaison et leur répétition engendrent des rythmes réguliers, variés, sans aucune monotonie. Le large emploi de l’aluminium s’inscrit dans cette démarche. Matériau très prisé dans les années 1960 pour ses qualités mécaniques et plastiques, l’aluminium incarnait alors la haute technologie industrielle. La faculté de Droit - École nationale des impôts s’inscrit parmi les meilleurs édifices universitaires construits en France lors de l’effort d’équipement des « Trente glorieuses ». De toute évidence, l’opération bénéficia d’un financement généreux et l’architecte put ainsi produire une œuvre qui, un demi-siècle plus tard, frappe par son caractère accompli.

Description Historique :

Clermont-Ferrand connut après 1945 une seconde phase de fort essor. Sa population passa de 108 090 habitants en 1946 à 156 763 en 1975. La ville conforta également son rôle universitaire. L’université clermontoise vit ses effectifs tripler : 4 165 étudiants étaient inscrits à la rentrée de 1959, et 15 821 à la rentrée de 1970. Cette augmentation était commune à l’ensemble de l’université française, qui vécut alors son premier choc démographique et sociologique. Un vaste programme d’équipement fut lancé à l’échelle du pays. À Clermont-Ferrand, entre 1959 et 1969, l’on édifia les facultés de Lettres et Sciences humaines, de Droit, de Médecine et de Pharmacie, ainsi que les cités universitaires du Clos Saint-Jacques (Dolet) et de la rue Philippe-Lebon. En 1967, le projet du campus des Cézeaux commença aussi à se concrétiser. Le 13 octobre 1967, le Premier ministre Georges Pompidou inaugura la plupart des nouveaux édifices. Un ouvrage publié à cette occasion dressa un premier bilan des réalisations1. Une faculté libre de Droit avait été créée par la municipalité clermontoise en 1913. En 1959, la faculté de Droit et des Sciences économiques de Clermont-Ferrand prit la suite. Jusqu’en juin 1966, les cours se déroulèrent dans les bâtiments universitaires de l’avenue Carnot. L’édifice de l’avenue Mitterrand (nommée à l’époque « Gergovia ») entra en service à la rentrée universitaire suivante. Il accueillit d’emblée 2 750 étudiants. Cet effectif passa à environ 3 300 étudiants après l’ouverture de l’École nationale des impôts (actuelle École nationale des finances publiques). L’installation à Clermont-Ferrand de l’École (créée à Paris en 1951) s’inscrivait dans une politique de « déconcentration » (sic). Les élèves, futurs inspecteurs et contrôleurs des impôts, pouvaient suivre des cours à la faculté de Droit. Le programme confié aux architectes prévoyait donc d’ériger un bâtiment abritant les locaux de la faculté et ceux de l’école. Le nom d’Eugène Beaudouin se trouve dans la plupart des ouvrages sur l’histoire de l’architecture française du XXe siècle. Formé dans la section architecture de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts (atelier Pontremoli), architecte DPLG, il obtint le Premier Grand Prix de Rome en 19282. Il fut nommé en 1933 architecte en chef des Bâtiments civils et Palais Nationaux. Associé à Marcel Lods de 1923 à 1940, il construisit des édifices qui sont devenus des icônes du Mouvement moderne : l’école de plein air de Suresnes, la maison du Peuple et marché couvert de Clichy, la cité de La Muette à Drancy, etc. Ces œuvres témoignent de son intérêt pour les programmes de logements collectifs, pour la préfabrication, pour l’urbanisme. Après la Seconde guerre mondiale, Eugène Beaudouin élabora par exemple le plan d’aménagement de Marseille et de sa région, il contrôla des opérations de grande envergure (Les Minguettes à Vénissieux, le quartier Maine-Montparnasse à Paris). Il reçut de nombreuses commandes publiques, dont des édifices universitaires. À Clermont-Ferrand, outre la faculté de Droit, il bâtit la résidence universitaire du Clos Saint-Jacques (1961-1967, rue Dolet). Il pourrait aussi avoir donné les plans de la résidence destinée aux élèves de l’école nationale des impôts (rue de la Pradelle, vers 1965-1970). La carrière de Bernard de la Tour d’Auvergne s’avère beaucoup moins connue. Peu avant son décès (survenu le 8 décembre 1976 à l’âge de 53 ans), Bernard de la Tour d’Auvergne publia à compte d’auteur un album résumant « 25 ans de réalisations »3. Il travailla semble-t-il à plusieurs reprises pour le ministère du Budget : il fut ainsi l’architecte de l’École nationale des services du Trésor, à Noisiel. L’étendue de son rôle dans la conception de l’École nationale des impôts de Clermont-Ferrand reste à étudier.

Localiser :