N° ACR0000113 - Faculté des lettres et sciences humaines

 
Adresse : 29 boulevard Gergovia
  63000 Clermont-Ferrand
Coordonnées GPS : 45.772057, 3.090533
Coordonnées GPS : 45.772057, 3.090533
Dates Construction : 1963 ; 1966
Date de classement : 2015
Auteur : Noël Georges (architecte) ; Bauchet Robert (architecte) ; Lacasse Joseph (mosaïste) ; Guardigli Luigi (mosaïste)
Patrimoine du 20e siècle

Précision Interet :

La faculté des Lettres et Sciences humaines témoigne, comme sa voisine la faculté de Droit, de l’effort sans précédent accompli par la France au début des années 1960 en faveur des grands équipements universitaires. Dans le contexte de l’Auvergne, il s’agit d’un édifice public de première importance, tant par ses dimensions que par son programme. Construite avec soin, la faculté ne manque ni de monumentalité, ni de finesse dans les détails. Son architecture sans fard présente de grandes qualités plastiques, urbaines et fonctionnelles. Il s’agit bien d’une œuvre originale et non d’un édifice normalisé, produit en série selon des plans trop de fois répétés. George Noël a su tirer parti des contraintes imposées par le terrain et par le budget tout juste suffisant. Le style sobre de l’édifice peut être qualifié de rationaliste. Certes, il s’inscrit dans l’esthétique des années 1960, mais il procède surtout d’un principe de vérité : vérité dans la traduction du programme par des formes, vérité des éléments architecturaux par rapport à leur fonction, vérité dans l’emploi du matériau béton armé. Encore quasiment intact après presqu’un demi-siècle d’usage intensif, ce bâtiment possède une forte valeur patrimoniale.

Description Historique :

Clermont-Ferrand connut après 1945 une seconde phase de fort essor. Sa population passa de 108 090 habitants en 1946 à 156 763 en 1975. La ville conforta également son rôle universitaire. L’université clermontoise vit ses effectifs tripler : 4 165 étudiants étaient inscrits à la rentrée de 1959, et 15 821 à la rentrée de 1970. Cette augmentation était commune à l’ensemble de l’université française, qui connut alors son premier choc démographique et sociologique. Un vaste programme d’équipement fut lancé à l’échelle du pays. À Clermont-Ferrand, entre 1959 et 1969, l’on édifia les facultés de Lettres et Sciences humaines, de Droit, de Médecine et de Pharmacie, ainsi que les cités universitaires du Clos Saint-Jacques (Dolet) et de la rue Lebon. En 1967, le futur campus des Cézeaux commença aussi à se concrétiser. Le 13 octobre 1967, le Premier ministre Georges Pompidou inaugura la plupart des nouveaux édifices. Un ouvrage publié à cette occasion dressa un premier bilan des réalisations. Le projet de construction d’une nouvelle faculté des Lettres et Sciences humaines fut préparé dès 1955. Le chantier débuta en 1963. Le programme pédagogique arrêté en 1960 prévoyait un effectif de 3 000 étudiants lors de la mise en service des locaux. Le chiffre retenu pour une première tranche de travaux fut de 2 500 étudiants, ce qui – d’après les normes – autorisait une surface de plancher de 10 000 m2. Finalement, la faculté accueillit 3 580 étudiants à la rentrée 1966-1967. Malgré la poursuite de la hausse des effectifs (près de 5 000 étudiants inscrits en 1970), la seconde tranche ne fut jamais réalisée. Une partie des départements restèrent dans la faculté de l’avenue Carnot inaugurée en 1934 (par exemple les Langues vivantes), d’autres s’installèrent dans des locaux annexes dispersés.

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