N° ACR0000116 - Hôtel de Bourgogne transformé en immeuble d'habitations

 
Adresse : 31 avenue Charras
  rue Jeanne d'Arc
  63000 Clermont-Ferrand
Coordonnées GPS : 45.779823, 3.097712
Coordonnées GPS : 45.779823, 3.097712
Dates Construction : 1928 ; 1930
Date de classement : 2015
Auteur : Aubert Albéric (architecte) ; Gournier Gustave (sculpteur)
Patrimoine du 20e siècle

Précision Interet :

L’hôtel de Bourgogne fut l’un des premiers édifices clermontois attestant de la diffusion en Auvergne du langage architectural moderniste, dans une version tempérée. Un pareil type de parti constructif, utilisant pleinement le potentiel d’une petite parcelle difficile, était très peu répandu dans cette région à la fin des années 1920. Quatre ans plus tard, l’architecte clermontois Valentin Vigneron (1908-1974) réalisera une œuvre comparable, mais dans un langage encore plus « avantgardiste » : l’hôtel Le Savoy (22 rue de la Préfecture, Clermont-Ferrand, fig. 17 et 18, reconverti et en partie dénaturé). Par sa volumétrie peu commune, par ses façades, par les bas-reliefs de Gournier, l’hôtel de Bourgogne possède encore une forte présence dans un contexte urbain assez dégradé. En outre, il faut le percevoir comme un jalon marquant de l’œuvre d’Albéric Aubert, architecte dont l’importance à l’échelon national doit être réévaluée.

Description Historique :

Dans les années 1860-1870, le percement des avenues quasi-rectilignes reliant la gare de chemin de fer au centre-ville de Clermont-Ferrand recoupa des chemins préexistants. Il en résulta parfois des parcelles de très petite surface et de forme peu adaptée à la construction. Tel est le cas de la propriété sur laquelle s’élève l’ancien hôtel de Bourgogne. Sa forme triangulaire et sa faible largeur résultent du croisement de deux rues. La nouvelle avenue Charras avait emprunté une partie du tracé du chemin de la Croix Morel. La dernière section de ce chemin était devenue la rue Jeanne d’Arc. De leur intersection à angle aigu étaient nées les limites d’un îlot difficile à lotir. Le quartier de la gare bénéficiait toutefois d’une forte attractivité commerciale et hôtelière. La parcelle située à l’extrémité ouest de l’îlot était certes étroite, de forme triangulaire et d’une faible surface, mais elle se trouvait à un emplacement stratégique au bord de deux voies passantes. En outre, elle offrait la possibilité d’obtenir deux vastes façades sur rue. Ces atouts ne pouvaient échapper à aucun hôtelier. Toutefois, pour qu’un hôtel placé ici devienne rentable en disposant d’un nombre adéquat de chambres, il fallait bâtir un édifice assez haut. Avec des méthodes de construction traditionnelles, cette opération paraissait irréalisable. L’épaisseur des murs porteurs en pierre aurait trop réduit la surface exploitable. En revanche, un édifice à ossature de béton armé pouvait répondre aux contraintes du terrain et du programme. Pour mener à bien son projet d’hôtel-café-restaurant, le propriétaire de la parcelle, Henri Dessaigne, fit appel à l’architecte Albéric Aubert. La demande d’autorisation de construire fut déposée le 20 octobre 1928. L’administration municipale donna son accord le 16 mars 1929. Le nouvel alignement proposé par Aubert avait été accepté. Il permit de rogner l’angle aigu de la parcelle et donc d’éviter d’avoir des pièces inutilisables en raison de leur plan triangulaire trop étroit. L’ingénieur du service vicinal avait estimé « que la réalisation du projet présenté permettrait l’aménagement rationnel de l’angle des deux rues et contribuerait à l’embellissement de ce lieu très fréquenté »1.

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